‹ Poésies de André Chénier (volume 2)Chapitre 96 sur 108 · LE JEUNE LA BARRE · texte numérisé non relu

LE JEUNE LA BARRE

La déesse aux cent voix bruyantes A, du séjour sacré des âmes innocentes,

Percé les ténébreux chemins.

Là, du jeune La Barre un bois triste et nocturne Voit à pas lents errer loin de tous les humains L’ombre superbe et taciturne.

La nymphe ailée auprès de lui Descend : « Viens, lui dit-elle, il est temps que ta haine Pardonne à la race humaine;

Ta patrie est juste aujourd’hui. »

(Novembre 1793.)

J’ai vu sur d’autres yeux, qu’Amour faisait sourire, Ses doux regards s’attendrir et pleurer.

Et du miel le plus doux que sa bouche respire Une autre bouche s’enivrer.

3i8 poésies d’ ANDRÉ CHÉNIER.

Et quand sur mon visage, inquiet, tourmenté. Une sueur involontaire Exprimait le dépit de mon cœur agité,

Un coup d’œil caressant, furtivement jeté. Tempérait dans mon sein cette souffrance amère.

Ah ! dans le fond de ses forêts.

Le ramier, déchiré de traits.

Gémit au moins sans se contraindre ;

Et le fugitif Actéon,

Percé par les traits d’Orion,

Peut l’accuser et peut se plaindre.

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