L/VRE I. — MEDITATIONS. — VOYAGES
S’égaye, et, des beaux jours prophète harmonieux,
Aux chants du laboureur mêle son chant joyeux; 20
Ainsi, courant partout sous les nouveaux ombrages,
Je vais chantant Zéphyr, les nymphes, les bocages,
Et les fleurs du printemps et leurs riches couleurs,
Et mes belles amours, plus belles que les fleurs.
Jeune fille, ton cœur avec nous veut se taire Tu fuis, tu ne ris plus; rien ne saurait te plaire.
La soie à tes travaux offre en vain des couleurs;
L’aiguille sous tes doigts n’anime plus des fleurs.
Tu n’aimes qu’à rêver, muette, seule, errante, 5
Et la rose pâlit sur ta bouche mourante.
Ah ! mon œil est savant et depuis plus d’un jour,
Et ce n’est pas à moi qu’on peut cacher l’amour.
V. 19. Aristophane, Ois., 270, appelle un oiseau 0 povrifiuvrii C’esl en indiquant aux hommes les saisons, le printemps, l'hiver, l'automne, etc., que les oiseaux sont prophètes. Voy. Aristophane, Ois., 709.