‹ Poesies de Andre Chenier edition critiqueChapitre 272 sur 496 · I. — Cette élégie est imitée de Properce, III, v · texte numérisé non relu

I. — Cette élégie est imitée de Properce, III, v

Mc juvet in prima colnissc Ilclicona jurenla,

Musarumquc choris implicuisse manus ;

Mc juvet et mullo mentent viucirc Lyæo,

Et caput in renia sentper ltabcre rosa.

Atque ubi jain Venercm gravi, inlerceperil lias,

Sparscrit et nigra, allia scnecta comas,

Tum mihi naturæ lilieat perdi.cere mores :

Quis deus banc mundi temperet arte domnin ; etc.

V. 5. « Hdlons-nous, l’heure fuit. » C’est toujours le fugit trreparnbile tempus de Virgile. Mais ici André semble se souvenir d’Horace, 0:1., II, xi :

Fugit rctro

Levis juventas, et décor, arida Pellente lascivos amores

Canitie, facilcinque somnuin. .

Non semper idem (loribus est ho nos Vernis

Cf. Tibulle, I, i, 09; llacan, IV, ni :

ÉLÉGIES

Qu’un sein voluptueux, des lèvres demi-closes,

Respirent près de nous leur haleine de roses ; 10

Que Phryné sans réserve abandonne à nos yeux De ses charmes secrets les contours gracieux.

Quand l’âge aura sur nous mis sa main flétrissante,

Que pourra la beauté, quoique toute-puissante?

Nos cœurs en la voyant ne palpiteront plus. 15

C’est alors qu’exilé dans mon champêtre asile,

De l’antique sagesse admirateur tranquille,

Du mobile univers interrogeant la voix,

J’irai de la nature étudier les lois :

Par quelle main sur soi la terre suspendue îo

Voit mugir autour d’elle Àmphitrite étendue ;

Quel Titan foudroyé respire avec effort Des cavernes d’Etna la ruine et la mort ;

Quel bras guide les deux ; à quel ordre enchaînée

Le soleil bienfaisant nous ramène l’année ; 25

Quel signe aux ports lointains arrête l’étranger ;

V. 16. Ces projets de méditation percent souvent dans André et le conduisent directement à la composition de l 'Hermès. Ces grands prr blêmes de la nature préoccupent les poètes ; ils inspiraient aussi la muse rêveuse de Virgile, Géorg., II, 475 :

Me vero primum dulces ante omnia Musa;,

Quarum sacra fero ingenti percussus amore,

Accipiant, cocliquc vias et sidéra monstrent,

Defcctus solis varios, lunæque laborcs ; etc.

Thomson, Scas. : Winter, s’y laisse séduire ; et il exprime une pensée qu’André, tel que nous le connaissons, sous-entend certainement; il rêve la solitude au milieu des beautés éternelles de la nature, et with friends.

V. 22. Le Titan, c’est Typliée, fils de la Terre et de Titan ; voy. sa lutte, sa défaite et son enfouissement sous l’Etna, dans Nonnus, Dion y s., I et II, et dans Val. Flnccus, Arg., II, 21. Mais c’est peut-être aussi Typhon (il est souvent difficile de ne pas confondre) ; Typhon, né de Junon (Homère, Hym. à Apollon ), fut enseveli sous l’Etna; voy. Pindare, 01., IV, 12. Cf. Apollodore, I, vi, 3, et la note de Ileyne. — a Respire, » souffle ; c’est quelquefois le sens du latin respirare.

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