‹ Poesies de Andre Chenier edition critiqueChapitre 292 sur 496 · LIVRE II — CAMILLE · texte numérisé non relu

LIVRE II — CAMILLE

Il n’est doux de pleurer qu’aux' pieds de son amante,

Pour la voir s’attendrir, caresser vos douleurs

Et de sa belle main vous essuyer vos pleurs, 40

Vous baiser, vous gronder, jurer qu’elle vous aime,

Vous défendre une larme et pleurer elle-même.

Eli bien ! sont-ils bien tous empressés à te voir?

As-tu sur bien des cœurs promené ton pouvoir?

Vois-tu tes jours suivis de plaisir et de gloire,

Et chacun de tes pas compter une victoire ?

Uh! quel est mon bonheur si, dans un bal bruyant,

Quelque belle tout bas te reproche eu riant l)’un silence distrait ton âme enveloppée,

Et que sans doute ailleurs elle est mieux occupée ! rio

Mais, dieux! puisses-tu voir sous un ennui rongeur De ta chère beauté flétrir toute la fleur,

Plutôt que d’être heureuse à grossir tes conquêtes,

D’aller chercher toi-même et désirer des fêtes,

Ou sourire le soir, assise au coin d’un bois, sr

dire que les pleurs que l’on verse pour une belle absente sont amers ; s'il était permis de supprimer la conjonction mais, on pourrait heureusement corriger ce vers ainsi :

Amer est de pleurer pour une belle absente.

La pensée est do Properce, I, ip, 15 :

Félix, qui potuit prsesenli flere puelbo :

Non uihil adspersis gaudet anior lacrymis.

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