‹ Poesies de Andre Chenier edition critiqueChapitre 35 sur 496 · CX1T · texte numérisé non relu

CX1T

LE J F, U PE PAUME

L’amour du souverain, de la loi salutaire,

Toujours teint leurs lèvres de miel.

Peur, avarice ou haine est leur dieu sanguinaire.

Sur la vertu toujours leur langue amère

Distille l’opprobre et le fiel. 35;,

Hydre en vain écrasé, toujoms prompt à renaître,

Séjans, Tigellins empressés Vers quiconque est devenu maître;

Si, voués au lacet, de faibles accusés Expirent sous les mains de leurs coupables frères; 34 >

Si le meurtre est vainqueur ; si des bras insensés Forcent des toits héréditaires;

C'est bien : Fais-toi justice, ô peuple souverain,

Dit cette cour lâche et hardie.

Ils avaient dit ; C'est bies, quand, la lyre à la main, 343

Des princes malheureux nourrissent les faiblesses,

Les poussent au pcuchaut où leur coeur est enclin.

Et leur osent du crime aplanir le chemin!

Détestables flatteurs, présent le plus funeste Que puisse faire aux rois la colère céleste!

V. 57)5. Le Psalmis'e, xiu, 3, on parlant île la corruption des hommes : a Scpulcrum patens e<t guttiir connu : linguis suis dolose agebant : ve- « nenum aspidum sub lahiis conim. Quorum os malcdiclionc cl nmari- • tudine plénum est. > Passage que rappelle saint Paul, Ép. aux Hom., ni, 13. — Voy. dans la violente accusation de Démosthène contre Aristogiton, le passage où il trace le portrait du sycophanle : a ’A//i itopcittrui ètà T?,; ic/apii Ciaxtp sgi; S a/opxioi èipxiii r'o xtvTfov, » x. T. A.

V. 53fi. L’Hydre, belle expression qu’André avait remarquée dans Malherbe p. 28'). Le mot Hydre est féminin; André le fait masculin. On dit également en grec ûSpo; et vSpx.

V. 344. Tournure politique qui rappelle Racine, Ath., II, tx ;

Rions, chantons, dit cette troupe impie.

V. 313. On trouve, dans les fragments des Œuvres en jirose, p. 273, cette phrase qui se rapporte exactement à ce passage : « Ces vils sophistes.

A LOUIS DAVID

L’incestueux chanteur, ivre de sang romain,

Applaudissait à l’incendie.

Ainsi de deux partis les aveugles conseils Chassent la paix. Contraires, mais pareils.

Dans un égal abîme, une égale démence ô.",o

De tous deux entraîne les pas.

L’un, Vandale stupide, en son humble arrogance,

Veut être esclave et despote, et s’offense Que ramper soit honteux et bas ;

L’autre arme son poignard du sceau de la loi sainte : 3!.s

11 veut du faible sans soutien Savourer les pleurs ou la crainte.

L’un, du nom de sujet, l’autre de citoyen,

Masque son âme inique et de vices flétrie :

L'un sur l’autre acharnés, ils comptent tous pour rien sco Liberté, vérité, patrie.

De prières, d’encens prodigue nuit et jour,

Le fanatisme se relève. , , .

Martyrs, bourreaux, tyrans, rebelles tour à tour;

Ministres effrayants de concorde et d’amour, 5rc,

Venus pour apporter le glaive;

à chaque excès, etc..., disaient : C’est bien... » — Racine, Dcrén., II, n :

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