‹ Poesies de Andre Chenier edition critiqueChapitre 492 sur 496 · V. 15. Après ce vers il v a une lacune de quelques vers · texte numérisé non relu

V. 15. Après ce vers il v a une lacune de quelques vers

DERNIÈRES POÉSIES

Pâtre, chiens et moulons, toute la bergerie Ne s’informe plus de sou sort.

rjes enfants qui suivaient ses ébats dans la plaine.

Les vierges aux belles couleurs 5ti

Qui le baisaient en foule, et sur sa blanche laine Entrelaçaient rubans et fleurs,

Sans plus penser à lui, le mangent s’il est tendre.

Dans cet abîme enseveli,

J’ai le même destin. Je m’y devais attendre. 55

Accoutumons-nous à l’oubli.

Oubliés comme moi dans cet affreux repaire,

Mille autres moutons, comme moi Pendus aux crocs sanglants du charnier populaire,

Seront servis au peuple-roi. *o

Que pouvaient mes amis? Oui, de leur main chérie Un mot, à travers les barreaux,

Eût versé quelque baume en mou âme flétrie ;

De l’or peut-être à mes bourreaux...

Mais tout est précipice. Ils ont eu droit de vivre. 4S

Vivez, amis; vivez contents.

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