V. 55-58. Ulysse à Alcinoüs (Odyss., VU
’AAxiW, iXXo r l rot ntXiru fpiviv où yàp ayoïyc àSavârotoiv toixsc, roi oùpstviv eùpùv é^ouoiv,
Ces rides, ces cheveux, cette nuit éternelle,
Voyez, est-ce le front d'un habitant des deux? 35
Je ne suis qu’un mortel, un des plus malheureux!
Si vous en savez un pauvre, errant, misérable,
C’est à celui-là seul que je suis comparable;
Et pourtant je n’ai point, comme fit Thamyris,
Des chansons à Phœbus voulu ravir le prix ; 40
Ni, livré comme Œdipe à la noire Euménide,
Je n’ai puni sur moi l’inceste parricide ;
Mais les dieux tout-puissants gardaient à mon déclin Les ténèbres, l’exil, l’indigence et la faim.
— Prends, et puisse bientôt changer ta destinée ! » 45
Disent-ils. Et, tirant ce que, pour leur journée,
Tient la peau d’une chèvre aux crins noirs et luisants,
Ils versent à l’envi, sur ses genoux pesants,
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V. 30. Millevoye et toutes les édit, donnent Thomyris, faute qui provient d'une lecture inattcnlive des manuscrits. L’histoire de ce Thamyris, qui avait prétendu vaincre les Muses (et non Phœbusl, et qui pour sa jactance fut privé de la vue, est racontée dans Vlliadc, II, 504. Elle se trouvait dans un poème cyclique de Prodicus, selon le témoignage de Pausanias, IV, xxxui, et IX, v. Voy. Apollodore, I, ni; Diod. M, livi; Conon, Narrat., VII; Properce, II, xxn, 19; Stace, Théb., IV, 182. Milton, cet autre aveugle divin, a lait aussi allusion à Thamyris dans le Paradis perdu, III, 33.
En Grèce, le culte du beau était poussé au plus haut degré ; 'aussi la privation de la vue des beautés extérieures était un effroyable châtiment, et l'on conçoit que les Grecs aient si souvent imaginé dans leurs légendes ces histoires rte dieux punissant par la privation de la vue phys'que l'audace de la vue de l'esprit. Ces histoires sont nombreuses ; Phinéo. Apollonius, Argon., H, 178; Tirésias, Callimaque, fli/nin. sur les bains de Patins; Stésichore, Pausanias, III, xix; Lycurgue, fils de Pryas, Iliade, VI, 131); Daphnis (selon Timéc', Parlhénius, Érot., XXIX.