‹ Poésies de André Chénier étude sur la vie et les œuvres d'André ChénierChapitre 111 sur 424 · ARCAS RT PA LÉ MON · texte numérisé non relu

ARCAS RT PA LÉ MON

PAI.ÉMOH.

Tu poursuis Damalis; mais cette blonde tète Pour le joug de Vénus n’est point encore prête.

C’est une enfant encore ; elle fuit tes liens,

Et ses yeux innocents n’entendent pas les tiens.

FhagMXNT. Le petit fragment que lions joignons à l'idylle précédente , et que M. Sainte-Deuve a retrouvé dans les manuscrits, n'est, Selon toute prolialiilité, que le début d’un premier essai inachevé. Il suffit, pour s’en convaincre, de le rapprocher des sers de Calpurnius cités ci-dessus. Peut-être ces deux vers étaient-ils le début, supprimé ensuite (à cause de la répétitiort de Zcphire ), de l'idylle telle que nous l’avons. IV. — V. 1-H. Imité d'iloraccj Od. Il, V :

Nonduiu subacta ferre Jugum valet Ccrvlce , iiondura mania eoroparis Æquarc, nec tauri rucntl»

In Vrnerem tôle rare pondus.

Clrca y i renies est anirous tu*

Campos Juvcnrar, nunc fluvlls gravent Solantis ar*tum , nunc In udo Ludere cum \itulU salicto Prrgcsticntl* Toile cupidincm Immitis uv* : jam ilbl lividos Distinguent Auturanus raremos Porpurro varlus colore.

Jim te sequetur : corrit enlm frro*

Ætas, et illl, quos tibi drnipserit,

Apponrt nnn<M ; Jam prolerra

Frontr pétri Lalage maritam. . .

Rouvird, Odes retranchées : De la jeune amie d'un sien amy , a iftdté frtlf ode d'Horace; mais son imitation n’offre rien de remarquable.

1D YLL.KS

Ta génisse naissante au sein du pâturage 5

Ne cherche au bord des eaux que le saule et l’ombrage ; Sans répondre à la voix des époux mugissants,

FJle se mêle aux jeux de ses frères naissants.

l.e fruit encore vert, la vigne encore acide

Tentent de ton palais l’inquiétude avide. 10

Va, l’automne bientôt succédant à des fleurs

Saura mûrir pour toi leurs mielleuses liqueurs.

Tu la verras bientôt, lascive et caressante,

Tourner vers les baisers sa tête languissante.

Attends. Le jeune épi n’est point couronné d’or ; if>

l.e sang du doux mûrier ne jaillit point encor ; la fleur n’a point percé sa tunique sauvage ;

Lejeune oiseau n’a point encore de plumage.

Qui prévient le moment l’empêche d’arriver.

A RC AS.

Qui le laisse échapper ne peut le retrouver. 20

Les fleurs ne sont pas tout. la verger vient d’éclore,

Et l’automne a tenu les promesses de Flore.

Le fruit est mûr et garde en sa douce âpreté

V. 6. Celle image qu’Hortce el ^utlré développent est très-fréquente chez les Grecs; les noms de jeunes animaux s'appliquent aux jeuues garçons et aux jeunes filles, non pas seulement dans le style pastoral ou dans le style lyrique, mais encore dans le style dramatique. Dans Eurytide , Hccube , 141, le chœur désigne Polyxèue par le motnüXo;, jeune cavale, et plus loin, v. 207, Polyxèue elle-même se désigne par le mot jio «rxo;, génisse. André suit son image jusque dans le nom de la jeune fille, WjiaXic, génisse. * ^

V. 11. Par automne il faut entendre non pas la saison que nous appelons l'automne, mais cette partie de l’année, la fin de l’été, que les Grecs nommaient oirûpa, mot dont ils se servaient pour désigner l’Age de la pnlnTté, époque et âge de la maturité des fruits; voy. Pindare, Ném. V, 11.

Y. 14. Horace, Od. II, xn, 25 :

Dura flagrant!* detorquet ad oscula

Cervtcem

V. 22. André se souvenait du vers divin de Malherlie, St. à Henri , p. 71 :

Et le* fruit* passeront h promesse de* fleurs.

D’un fruit à peine mûr l’aimable crudité.

L’oiseau d’un doux plumage enveloppe son aile.

Du milieu des bourgeons le feuillage étincelle.

La rose et Damalis de leur jeune prison Ont ensemble percé la jalouse cloison.

Effrayée et confuse, et versant quelques larmes,

Sa mère en souriant a calmé ses alarmes. 30

L’hyménée a souri quand il a vu son sein Pouvoir bientôt remplir une amoureuse main.

Sur le coing parfumé le doux printemps colore Une molle toison intacte et vierge encore.

La grenade entrouverte au fond de ses réseaux 35

Nous laisse voir l’éclat de ses rubis nouveaux.

V. 29. <At vers se rapporte, non à la mère, qui est le sujet de la phrase, mais à la jeune fille. C'est une construction elliptique naturelle aux langues à flexion, où les cas expriment nettement les rapports, mais qui souvent amène de la confusion en franrais. On en trouve cependant des exemples dans les meilleurs écrivaius. Ainsi Racine, dans Mithridate :

Songe; de quelle ardeur dans Éphese adorée.

Aux fille* de ccnt roi* Je vous ai préférée.

Quoique, dans cet exemple de Racine, la confusion ne soit possible qu'à l'audition, où l’on ne distingue pas adoré de adorée. 9

V. 32. Claudien, Êpith. de Pallade et de Célérine , 125 : « Matura tumescit virginitas. » Iji jeune Volupté sourit à la lecture des vers d'André ; elle rougit devant les regards enflammés du vieux Maximieu, Ég/.^ï, 27 :

Urrbant oculoa durât siantesque papillar ,

Et quas adstringens claudrrrt tyia manu*.

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