‹ Poésies de André Chénier étude sur la vie et les œuvres d'André ChénierChapitre 259 sur 424 · CAMILLE · texte numérisé non relu

CAMILLE

Tiens, c’est ici. Voilà ses jardins solitaires

Tant de fois attentifs à nos tendres mystères; 30

Et là, tiens, sur ma tète est son lit amoureux,

Lit chéri, tant de fois fatigué de nos jeux.

Ah! le verre et le lin, délicate barrière,

Laissent voir à nos yeux la tremblante lumière

Qui, jusqu’à l’aube au teint moins que le sien vermeil, ss

Veille près de sa couche et garde son sommeil.

L’est là qu’elle m’attend. Oh! si tu l’avais vue,

Quand, fermant ses beaux yeux, mollement étendue, Laissant tomber sa tète, un calme pur et frais Comme aux anges du ciel fait reluire ses traits! 40

Ah ! je me venge aussi plus qu’elle ne mérite.

Un vain caprice, un rien... Ami, fuyons bien vite; Fuyons vite, courons. Mes projets seront sûrs Quand je ne verrai plus sa porte ni ses murs.

Mais ne m’a-t-elle pas juré d’ètre infidèle?

Mais n’est-ce donc pas moi qu elle a banni loin d’elle? Mais sa voix intrépide, et ses yeux, et son front,

Ne se vantaient-ils pas de m’avoir fait affront?

C’est donc pour essuyer quelque nouvel outrage,

Pour l’accabler moi-mème et d’insulte et de rage ,

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