‹ Poésies de André Chénier étude sur la vie et les œuvres d'André ChénierChapitre 263 sur 424 · XVI · texte numérisé non relu

XVI

O nuit, nuit douloureuse! ô toi, tardive aurore,

Viens-tu? vas-tu venir? es-tu bien loin encore?

Ah ! tantôt sur un flanc, puis sur l’autre, au hasard Je me tourne et m’agite, et ne peux nulle part Trouver que l’insomnie amère, impatiente, »

Qu’un malaise inquiet et qu’une lièvre ardente.

Tu dors, belle Camille; et c’est toi, mon amour,

Qui retiens ma paupière ouverte jusqu’au jour!

Si tu l’avais voulu, dieux ! cette nuit cruelle

Aurait pu s’écouler plus rapide et plus belle. 10

Mon âme comme un songe autour de ton sommeil

Voltige. En me lisant, demain à ton réveil

Tu verras, comme toi, si mou cœur est paisible.

J'ai soulevé, pour toi, sur ma couche pénible,

Ma tète appesantie. Assis et plein de toi, «s

Le nocturne flambeau qui luit auprès de moi Me voit, en sons plaintifs et mêlés de caresses,

Verser sur le papier mon cœur et mes tendresses.

O Camille, tu dors! tes doux yeux sont fermés.

Ton haleine de rose aux soupirs embaumés 20

Entr ouvre mollement tes deux lèvres vermeilles.

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