‹ Poésies de André Chénier étude sur la vie et les œuvres d'André ChénierChapitre 274 sur 424 · LA LAMPE · texte numérisé non relu

LA LAMPE

O nuit! j’avais juré d’aimer cette infidèle ; Sa bouche me jurait une amour éternelle,

V. 66 et §uiv. Il y a uue situation analogue dans Catulle (VI); mais on peut surtout rapprocher de ce passage quelques vers de Méléagre, Anal. I, p. 18, LX, qui, trahi par celle qu’il adore, trous e des preuves d'infidélité dans le désordre et dans l'émotion de la perfide.

XIX. La Lampe est une des plus célèbres élégies d’André ; c'est un sujet qui a toujours fourni aux poètes et aux peintres de charmants tableaux, soit qu’Héro de sa lampe guide les eflorts du nocturne nageur, soit que la curieuse Psyché aille, sa lampe à la main, surprendre Éros endormi.

Dans les éd. 1819, 1826, 1833, 1839, cette élégie portait en titre: imité d’Asclél*l a DK ; il y a bien, si l’on veut, quelque lointain rapport entre le début de l’élégie et celui de l’épigramme d’Asclépiade, Anal., I, p. 216, XXV :

A ûxvt, oè yàp *apeoû<ya Tpi; upoosv 'IlpàxU’.x xoùx t^xci* Xu^v», <rù i\ el 6eàç et, tvjv âoXtTjv éitàpvvov • ôtoiv çO.ov £voov lyo j'Tx nxCÇrj, à7toe6eo&Ei; ixyjxcti çw; iripe/t.

Mais il n'y a là aucune imitation, et l’on pourrait avec autant de raison rapprocher

ÉLËfilES

Et c’est toi qu’attestait notre commun serment.

L’ingrate s’est livrée aux bras d’un autre amant,

Lui promet de l’aimer, le lui dit, le lui jure, 5

Et c’est encore toi qu’atteste la parjure !

Et toi, lampe nocturne, astre cher à l’amour.

Sur le marbre posée, ô toi, qui, jusqu’au jour,

De ta prison de verre éclairais nos tendresses,

(l’est toi qui fus témoin de ses douces promesses. 10 Mais, hélas! avec toi son amour incertain Allait se consumant et s’éteignit enfin ;

Avec toi les serments de cette bouche aimée S’envolèrent bientôt en légère fumée.

Près de son lit, c’est moi qui fis veiller tes feux if»

Pour garder mes amours, pour éclairer nos jeux ;

Et tu ne t’éteins pas à l’aspect de son crime !

de l'élégie d'André l'épigrarame d'Agatliias, Anal, 111, p. 39, XVII, ou celle de Philodème, Anal. II, p.87, XVII. Comme M. Sainte-Beuve l’a déjà fait remarquer, c’est Méléagre, Anal. 1, p. 21, LXXI, qui a complètement fourni à André le sujet de son élégie. Souvenirs des serments, parjure de l’ingrate, tendre reproche de l’amant à la lampe, tout se trouve en germe dans l’épigramme de Méléagre :

N*j£ lepri, xai Xujrve, auvuiTopac ovTtvac aXXou;

fipxoi;, à»' OfiEa; eLXg|aeO’ àfi< pôtepot.

X (ii pèv épi impgctv, xtîvov 5' éycb oO nor» Xctyltv d> u.ô'Txpev xoivrjv ô’ effets uapToptTjV.

Nuv ô' 6 pèv Spxix çrjdlv èv üoati xeîva ÿépeafa f Xw yytt où 5’ év xéXnoi; avtôv ôpâ; éTcpuv.

Parmi les petits poètes de Y Anthologie Méléagre est un des meilleurs ; il a en foule des idées fraîches, des images gracieuses , précieuses uu peu , c’est son défaut ; il a souvent de la délicatesse en amour, et l’idée de la lampe est heureuse ; il y revient encore dans d’autres épigrammes (Anal. I, p. 29, Cil et GUI). Properee, II, a dit, se souvenant sans doute du poète grec :

O me frlkcem ! o no\ mihi candida ! et , o tu ,

Lertnle , drliciis facte beate met» 1 Quam nmlta ad pmi ta narrerons verha lorerna.

Quan laque «ublnto lumine ri ta fuit !

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