‹ Poésies de André Chénier étude sur la vie et les œuvres d'André ChénierChapitre 276 sur 424 · LIVRE II — CAMILLE · texte numérisé non relu

LIVRE II — CAMILLE

Non, je ne l’aime plus ; un autre la possède.

On s’accoutume au mal que l’on voit sans remède. l)e ses caprices vains je ne veux plus souffrir :

Mon élégie en pleurs ne sait plus l’attendrir ;

Allez, Muses, partez : votre art m’est inutile.

Que me font vos lauriers ? Vous laissez fuir Camille. Près d’elle je voulais vous avoir pour soutien ;

Allez, Muses, partez, si vous n’y pouvez rien.

Voilà donc comme on aime! On vous tient, vous caresse, Sur les lèvres toujours on a quelque promesse ! 10

Et puis... Ah! laissez-moi, souvenirs ennemis,

Projets, attente, espoir, qu’elle m’avait permis.

Page 1