‹ Poésies de André Chénier étude sur la vie et les œuvres d'André ChénierChapitre 304 sur 424 · V. 26. Cf. Élèg. II, XXIV · texte numérisé non relu

V. 26. Cf. Élèg. II, XXIV

ÉLÉGIES

Allez trouver Fanny, cette mère craintive ;

A sa fille aux doux yeux, fleur débile et tardive, s

Rendez la force et les couleurs.

Non qu’un péril funeste assiège son enfance;

Mais du cœur maternel la tendre défiance N’attend pas le danger qu’elle sait trop prévoir;

Et Fanny, qu’une fois les destins ont frappée, 10

Soupçonneuse et longtemps de sa perte occupée,

Redoute de loin leur pouvoir.

L’été va dissiper de si promptes alarmes.

Nous devons en naissant tous un tribut de larmes.

Les siennes ont déjà trop satisfait aux dieux. 15

Sa beauté, ses vertus, ses grâces naturelles,

N’ont point des dieux sans doute, ainsi que des mortelles, Armé le courroux envieux.

Relie bientôt comme elle, au retour d’Érigone L’enfant va ranimer, nourrisson de Pomone, 20

Ce front que de Borée un souffle avait terni.

Oh! de la conserver, cieux, faites votre étude;

Que jamais la douleur, même l’inquiétude,

N’approchent du sein de Fanny.

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