V. 53. fia. 1826 et
L'enfant la volt de loin dan» le fond dti portique.
La correction était heureuse; elle évitait la confusion dans les rapports des pronoms.
V. 64. « Antique} » ce seul mot suffirait au statuaire pour tailler dans le marine les traits de la vieille affranchie. — Chez les anciens, on suppliait en posant les uiafu.s sur le visage de la personne qu’on implorait; voy. Euripide, Hècube , 34t.
V. 66. u Indulgente, >» avec le sens latin, qui accorde volontiers, complaisante Chénier emploie toujours ce mot avec sa signification primitive.
Oui, qu’à ton protégé ta fête soit ouverte. 85
Ta mère, mon élève (inestimable perte!),
Aimait à soulager les faibles abattus :
Tu lui ressembleras autant par tes vertus Que par tes yeux si doux et tes grâces naïves. »
Mais cependant la nuit assemble les convives : 70
F.n habits somptueux d’essences parfumés,
Ils entrent. Aux lambris d’ivoire et d’or formés, l’end le lin d’Ionie en brillantes courtines ;
Le toit s’égaye et rit de mille odeurs divines.
V. 66. Le mot élève ne s’emploie pas en français avec le sens de « nourrisson * que lui donne André, et qui est celui de vpoçéc; voy. Homère, passim. — Ed. 1826 : Ta mère, mon élève (irréparable perte!).
Y. 70. Le passage qui suit est dû à de multiples inspirations. Dans cette description de vingt vers, il n’y a pas un mot de trop, pas un mot qui ne prête à de longs commentaires archéologiques. Voici les vers de Catulle, LX1V, 43, dont les différents traits se retrouvent dans la description de Chénier :
Ipsius at srdrs, quacunque opulcnta recesslt Rrgia , fulgrnti splrndcnt aura , atque argrnto.
Candet ebur soliia ; collucent pocula menais ;
Tota domus gaudet rrgali splendida gau.
Pulvimr vero Di»'* géniale locatur Scdibus in mediU , Indo quod dente politum Tincta tegit roaco conchyli purpura fuco.
Cf. Virgile, Ênéidet 1, 637.
V. 71. Non-seulement se couvrir de parfums et en brûler était un usage répandu chez les anciens (Athénée, III, xxi, p. 101, C), mais encore il aurait été inconvenant de vouloir s’y soustraire (Athénée, IV, xxvil, p. 178, F).
V. 72. Détails exacts ; Bacchylide (ap. Athénée, II, m, p. 39, F) :
Xp*j<7(T) 6’ tU?avTt Tt (iapixatpoootv ofxoï.
Nous donnons la leçon de Fayolle. M. de Latouche avait mis :
ILs entrent. Aux lambris d'ivoire et d’or semés.
V. 74. On a critiqué ce vers comme antihomérique \ Cette hardiesse, homérique d’ailleurs, est commune à tous les poètes. André, ce qu’a fait remarquer M. Sainte- Beuve, Portr. litt. a traduit exactement ce vers de Catulle, LX1V, 285 :
Quoi» permuta domus jurunrio rlslt odorr.
11 avait d’ailleurs l’exemple d’Horace, Od. IV, xi : « Ridet argrnto domus. **
0 M. Ponsard , Études antique *.
La table au loin circule, et d’apprêts savoureux 75
Se charge. L’encens vole en longs flots vaporeux ;
Sur leurs bases d’argent, des formes animées Elèvent dans leurs mains des torches enflammées ;
Les figures, l’onyx, le cristal, les métaux,
En vases hérissés d’hommes ou d’animaux, 80
Partout, sur les buffets, sur la table étincellent ;
Plus d’une lyre est prête ; et partout s'amoncellent
El Chénier, comme Catulle et Horace, se souvenait d’Hésiode, Théo g . 40 :
Yc).â re Soi (lara irarpo; *
et d’Homère, Hym. à Apollon, 118 :
. « pcfôvjae oè yaî’ vmévepOev*
passage que n’ont pas craint d’imiter Tkéoguis, 5, et Miltou, Par. perd. VIII. Virgile, dont le goût est si pur, a dit, Ênéidt ?, I, 707 :
Tyrit per limltia Isrta frequentes.
D’ailleurs, ici-bas, l'homme ne se plaît-il pas à animer toute chose de sa douleur et de sa joie? le printemps accourt, et nous voyons avec Ronsard (Am. I, xxvii)
Toute chose rire en lu saison nouvelle,
le lac (Schiller, G. Tell , 1) : Es lâchelt der Sec ; les fleurs, (Pétrone, CXXVII) : Riserunt lilia; les flots (Lucrèce, I, 8): Rideut æquora ponti; la nature, Nonnus (Dionys. VI, 387): Kal çuat; oty iyDaaot ; tout enfin (Virgile, Egl. VII, 55) : Omnia nunc rident ; jusqu'aux astres (Stace, Ach. I, 643) : Risit chorus omnis abalto astronim. Mais, plus hardi encore, Eschyle, Êdoniens (ap. Longin, de Subi. XIII) , anime un palais de la fureur bachique. Longin semble le blâmer de cette hardiesse ; elle est grande sans doute, mais de celles que les poètes chérissent. Au surplus, les Grecs et les Latins ne sont pas les seuls que tentent ces images audacieuses ; on en rencontre de semblables à chaque pas dans les poètes juifs : Isaïe, XIV, H, 8 , et XXIV, i, 7 ; le Psalmiste, XCVII, 8, etc.