‹ Poésies de BenseradeChapitre 28 sur 48 · SONNET XIV · texte numérisé non relu

SONNET XIV

MAINS de servante qui s'entend A bien travailler au ménage , Vous n'avez rien de ragoûtant Pour le plus simple badinage.

Tel à qui de tels bras on tend Joue un fort mauvais personnage.

Pour moy, j'aimerois tout autant Passer un bras de mer à nage.

Mains oii de noblesse on ne voit.

Du pouce jusqu'au petit doigt, Luire nuls traits et nulles marques ;

Bras menus, fragiles rozeaux ,

Vous ressemblez aux bras des Parques ,

Ou, pour mieux dire, à leurs fuseaux.

SONNETS SUR LA BEAUTE

Sur la Beauté et la Laideur.

SONNET XV

SPECTACLE aussi piquant que doux , Petits pieds plus blancs que l'albâtre, Pieds que l'Amour même idolâtre Comme un de ses plus fins ragoûts ;

Vilains pieds d'un corps pleins d'égoûts. Où chaque mouche est une emplâtre, Et qui, fardez du même plâtre , Produisent les mêmes dégoûts;

Beaux pieds reconnus à leur trace , Qui marchent de si bonne grâce , Et qui charment les regardans;

Pieds laids, dignes d'un laid visage, Maudits pieds tournez en dedans , Et qui sont de mauvais présage

ET SUR LA LAIDEUR

Sur la Beauté.

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