‹ Poésies de Charles PoncyChapitre 168 sur 177 · LA HARPE · texte numérisé non relu

LA HARPE

Galopez devant moi, formidables nuées!

D'oii vient que vous semblez pâles, exténuées, Que vos flancs sulfureux vont ramper sur le sol? En avant, en avant! ô rétives cavales!

Faut-il à mon secours appeler les rafales. Pour précipiter votre vol?

En avant! vous voilà telles que je vous aime, Etreignant ces vieux monts d'un brûlant diadème, Déracinant les rocs dans la terre rivés, Absorbant du soleil la lumière et la gloire, Et n'allant déchirer votre tunique noire Qu'aux sommets les plus élevés.

En avant sur ces monts! leur masse colossale Du monde , votre empire , est l'épine dorsale ; Et les rocs monstrueux , allongés sur leurs fronts , Sont de ces monts géants les puissantes vertèbres. Qu'ils tremblent tout à coup, au milieu des ténèbres, Sous le choc de vos escadrons!

En avant sur ces monts! et que le noir tonnerre, Qui Itont dans votre sein, frappe leur froni do pierre

Page 1