SOUVENIRS MARITIMES
IMPROVISÉS A PRAGIIGNAX.
Algues aux rubans verts, vagues échevelées, Maritimes rochers aux cimes dentelées ,
Immensité des mers ; Rivage que le soir j'explorais en silence, Bords où j'écoutais seul la sauvage éloquence
Des sonores déserts ;
Navires , panachés de bleuâtre fumée
Que chasse dans les cieux la brise parfumée ,
Avec (pii je causais; Horizons infinis, splendide fantaisie.
8i MARINES.
Vous qui me révéliez toute la poésie Du vieux barde écossais ;
Poissons qui reluisez quand vos nageoires bleues Découpent leur azur sur l'argent de vos queues ;
Coquillages charmants, Sables d'or dont l'éclat illumine la grève Et que , chaque matin , le soleil qui se lève
Transforme en diamants;
Large rade, forêts flottantes de navires
Qui croisez en tous sens les humides empires ;
Sapins aux rameaux longs , Arrachés, pour nos ports, à vos natals rivages, Et qui, mâts de vaisseaux, revêtez pour feuillages
Nos brillants pavillons ;
Vos beautés à mes yeux n'avaient point de rivales ! Mais j'en rencontre ici qui marchent vos égales.
Si moins vastes que vous , Belles plaines des mers, dans l'infini perdues, Ces plaines ont des monts bornant leurs étendues ,
Leur aspect est plus doux.
•, On ne les voit jamais, comme un abîme sombre, Béer; puis s'élever en collines sans nombre,
S'enfler en monts mouvants.
Mais on voit les blés mûrs, au fond des lointains vagues, Ondulant comme vous, bercer leurs jaunes vagues,
Sous les baisers des vents.
Dieu mil un même attrait au sein de loiilc chose.