‹ Poésies de Charles PoncyChapitre 51 sur 177 · A MA JALOUSE · texte numérisé non relu

A MA JALOUSE

Oh ! qu'eUe soit le seul nuage Qui s'élève entre notre amour.

Tu la bénirais à ton tour Si de tous nos bonheurs je t'y montrais l'image.

Quel doigt mystérieux y peint notre avenir? Connne elle s'arrondit dans l'air où son flot nage ! Vois , ne dirait-on pas l'anneau de mariage Qui doit quelque jour nous unir?

Maintenant, par le vent chassée, Et formant un plus large rond , Elle vient poser sur ton front La couronne de fiancée !

Puis , dans les cieux , par un souffle effacée , Ne t'offre-t-elle pas l'image des beaux jours;

Et ne semble-t-eUe pas dire :

Videz , jeunes enfants , la coupe des amours ;

Car, à vingt ans, le fleuve du délire, Comme mon flot qui monte et dans son vol expire , A déjà ralenti son cours?

Laisse-moi le cigare, ô jalouse charmante ! Puisqu'il est envers toi vierge de tout larcin,

Puisqu'au contraire il alimente La lyre sous mes doigts et l'amour dans mon sein .

LA HARPP: D'OSSIAN

Sur la mouvante cime

Des flots éehevelés ,

La harpe maritime Vers nos falaises vole , et rend im cri sublime En heurtant tout à rouj) les rochers dentelés.

Semblable à ces nacelles Oui, Inyant loin d(^s bords.

Inondent (rétimcUcs

Le remous écumant qui bondit après elles,

La harpe inonde l'air d'un long torrent d'accords.

Mais la lame écumanle ,

Dont la poitrine bout

Au feu de la tourmente , Lance au sommet des rocs la harpe gémissante, Qui, malgré l'ouragan, y demeure debout.

La voilà sur les crêtes

De ce Memnon scabreux ;

Et les flèches muettes Des éclairs dévorants , doigts de feu des tempêtes , Arrachent à son sein des accents ténébreux.

Elle est enveloppée

Dans de sombres i)rouillards.

La foudre l'a frappée ; Et chaque corde luit, connue l'ardente épée Qui nmtile l'acier du casque des fuyards.

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