‹ Poésies de F. AncelotChapitre 13 sur 67 · CHANT IV · texte numérisé non relu

CHANT IV

Quel est, dans ce vallon, ce jeune chevalier? Ses armes sans éclat, son simple bouclier, Semblent attendre encor le jour où la victoire Proclamera son nom, ignoré de la gloire : C'est le fils de Luxeuil, c'est l'aimable Eymeri î Du prince infortuné longtemps page chéri, Mais d'un courroux injuste innocente victime, Avant l'instant fatal marqué par un irrand crime, Exilé de la cour, il avait fui les Heux Oue l'aspect de Marie enchantait à ses yeux.

Il était déjà loin, quand un récit fidèle De la mort de Louis lui transmet la nouvelle. Il frémit, il s'arrête, et, plongé dans le deuil, Il veut aller du moins pleurer sur son cercueil. Il est parti. Docile à la main qui le guide, Déjà son destrier, dans sa course rapide, De l'antique Neustrie a franchi les coteaux ; Là, portant à la mer le tribut de ses eaux, La Seine, qui serpente au milieu des prairies. Semble fuir à regret ces campagnes fleuries. Eymeri, sur ses bords triste et silencieux,

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S'avançait ; les oiseaux, par mille cris joyeux, Saluaient du soleil la lumière féconde.

Cet astre étincelant dardait ses feux dans l'onde, Et ses rayons brisés, au souffle des zéphirs, Semaient les flots tremblants de mobiles saphirs. Mais ces oiseaux chantant sous l'épaisse feuillée, Ces parfums qu'exhalait la terre réveillée. Ce murmure des eaux roulant parmi les fleurs, Rien du jeune guerrier ne distrait les douleurs. Voilà qu'interrompant sa sombre rêverie, Tout à coup d'un hameau la simple hôtellerie, S'est offerte à ses yeux. Son coursier haletant Devant le seuil connu hennit en s'arrètant : C'était un jour de fête, et du temple rustique, Les villageois en foule inondant le portique, Libres des saints devoirs, à d'innocents plaisirs Revenaient en chantant consacrer leurs loisirs.

Suivi de l'écuyer chargé de sa bannière. Le chevalier franchit la porte hospitalière Qui promet au passant bon gîte et doux repos. Là, puisant à l'envi l'oubli de leurs travaux Dans la coupe de hêtre où leur gaîté bruyante Savourait du pommier la liqueur pétillante, Sur l'escabeau grossier les villageois assis, Mêlaient aux chants joyeux de funèbres récits. Auprès d'eux Eymeri pensif et solitaire. Le front baissé, les yeux attachés à la terre. Abandonnait son âme aux regrets superflus. Et songeait à Louis qu'il ne reverra plus.

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Soudain à ces disi'ours. qu'il ontendiiil à peiiu'. Se joint un nom sacré... ; c'est le nom de la reine ! Il s'étonne, il écoute.

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