‹ Poésies de Félix ArversChapitre 24 sur 60 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

SCHOLASTiaUE, seule.

Dix heures et demie à Saint-Thomas-du-Louvre, Et personne au clapier 1 Jamais, lorsque je l'ouvre, Je ne puis obtenir qu'une seule soit là ! Ah ! dans mon jeune temps ce n'était pas cela. Sous le roi Charles huit ! nous avions du courage ; C'était à qui mettrait plus de cœur à l'ouvrage. — je me souviens encor de ce jour où le roi (C'est en nonante-quatre, autant comme je croi) Fit son entrée à Rome, un beau soir, aux lumières ; C'était plaisant à voir : je l'ai vu des premières Sur son bel andaloux (*), en costume romain, Le casque d'or en tête, et la lance à la main. Ma foi, quoique petit, il avait bonne mine ; Après, venait monsieur Philippe de Comine(**) ; Ce que voyant, soldats et peuple réunis

(*) Voir la note, page 38. {Note de l'édition.)

(**) Comine pour Comines ou Comjrnes, licence poétique. {Note de l'édition.)

lis

Criaient : « Noël ! Noël ! Montjoie et Saint-Denis ! »

J'avais alors suivi l'armée en Italie

Avec un archer-franc qui me trouvait jolie ;

C'est qu'au fait je l'étais. — Mais tout est bien changé!

Je suis vieille aujourd'hui ; le seul recours que j'ai

Est dans cette maison, pas mal achalandée,

Dieu merci ! — Mais peut-on jamais se faire idée

Que ces païennes-là s'attardent si long-temps !

Voilà, je crois, tantôt une heure que j'attends.

C'est qu'au jour d'aujourd'hui la jeunesse est frivole,

Et ne réfléchit pas comme le temps s'envol^!...

(On entend des voix bruyantes à la porte.)

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