POUR MON AMI R
J'avais toujours rêvé le bonheur en ménage, Comme un port où le cœur, trop long-temps agité, Vient trouver, à la fin d'un long pèlerinage, Un dernier jour de calme et de sérénité.
Une femme modeste, à peu près de mon âge. Et deux petits enfans jouant à son côté : Un cercle peu nombreux d"amis du voisinage, Et de joyeux propos dans les beaux soirs d'été.
J'abandonnais l'amour à la jeunesse ardente ;
Je voulais une amie, une âme confidente,
Où cacher mes chagrins, qu'elle seule aurait lus :
Le ciel m'a donné plus que je n'osais prétendre ; L'amitié, par le temps, a pris un nom plus tendre. Et l'amour arriva qu'on ne lattçndait plus.
SONNET