ACTE IV, SCÈNE IV. i
Rien ae le changera , ni toi , ni le ciel même : Je n'aimerai qu'Inès. Mais modère tes pleurs; D'un cœur trop tourmenté par de longues douleurs Souffre, Inès, que ma voix apaise la tempête; Sur le sein d'un amant viens reposer ta tête.
INÈS
Don Pèdre, 6 cher époux, combien tu sais aimer! Je ne crains plus le sort , il ne peut m'opprimer. Mais contiens ces transports d'une ame généreuse , Mon cœur n'y peut suffire; Inès est trop heureuse!
DON PÈDRE
3'ai supplié le roi de protéger tes jours.
Mais, Inès, c'est en toi qu'est notre seul recours; Tu m'as su désarmer, fléchis encor mon père; Alphonse va te voir; contre une loi sévère Défends nos chers enfants, et ton époux, et toi. Que tes yeux, ton langage, attendrissent le roi : Il connaîtra ton cœur, la vertu qui t'anime , Quelle est l'ame d'Inès , et sa raison sublime. Tu dois tout espérer ; c'est de cet entretien Que dépend, chère Inès, et mon sort, et le tien. Je l'exige de toi. Mais j'aperçois Constance.