ACTE V, SCENE VIII. aoS
DON PÈDRE
Qui? Blanche! cette femme atroce et sanguinaire!
CONSTANCE
Hélas ! puis-je oublier que je lui dois le jour, Moi , qui n'en ai reçu que des marques d'amour?
DON PÈDRE
Qui vous anïène ici ? Que voulez-vous ?
CONSTANCE
Constance Tombe à vos pieds; songez...
DON PEDRE.
Je songe à la vengeance.
CONSTANCE
Inès avait pour moi, seigneur, quelque amitié; Et de l'époux d'Inès j'implore la pitié.
DON PEDRE, regardant Constance à ses pieds.
Sa touchante douleur modère ma furie.
CONSTANCE
Prince...
DON PÈDRE
Avec quelle rage et quelle barbarie Ils l'ont frappée! Inès, sous le couteau mortel. Appelait son époux , ses enfants , et le ciel.
CONSTANCE
Elle vous aime encor dans une autre patrie.
DON PÈDRE
Vous qui m'aviez promis de veiller sur sa vie !
CONSTANCE
Hélas !
DOW PÈDRE
Un bien si cher m'eût été conservé :
De tout ce que j'aimais, Constance, ils m'ont prive. Mais que coûte un miracle à la Toute-Puissance? Rien. Douter est tin crime. Eh bien! chère Gonstahcé^ Prions tous deux; prions : peut-être que les cieux De votre ame innocente exauceront les vœux.
Grand Dieu! dont la splendeur égale la sagesse, Si, méditant ton nom dès ma tendre jeunesse.
Devant ta gloire immense anéanti, troublé, Je sentis quelque charme à m'en voir accablé, Dieu, dans les yeux d'Inès fais rentrer la lumière; De ce cœur qui m'aima réveille la poussière.
Mon Dieu ! toi dont la Mort reconnaît le pouvoir, Rends-moi ma chère Inès!... Mais, je crois la revoir!... Inès ! quelle puissance à mes bras t'a ravie? Tu m'appartiens! Je vais, pour ranimer ta vie, De mes baisers de feu couvrir ton sein glacé; Et laver de mes pleurs le sang qu'il a versé.
CONSTANCE
Combien il souffre, hélas !
DON PÈDRE
Oui, ma douleur amère Satisferait, je crois, l'ame de votre mère.
Mais le ciel dans leur crime a su les aveugler; Leurs bras avec Inès auraient dû.m'immoler.
CONSTANCE
Cher prince...
DON P*DKE.
Oft vient.