LE NID
Petit nid qu'abrite une mère , Battu par l'orage et les vents , Tu semblés la barque légère Qu'emportent loin les flots mouvants.
Mère , protège de ton aile Ces fruits de tes tendres amours ; Espoir de la saison nouvelle , C'est le présage des beaux jours.
Brisé par l'orage et la pluie , Pauvres petits ! c'est donc fini !
Non ! qu'on est fort lorsque l'on plie C'est le secret de plus d'un nid.
Mère , protège de ton aile Ces fruits de tes tendres amours ; Espoir de la saison nouvelle , C'est le présage des beaux jours.
Cher petit nid , de ma fenêtre , Je t'ai vu braver les autans ; Hélas ! tu périras peut-être Sous la main de cruels enfants !
Mère , protège de ton aile Ces fruits de tes tendres amours ; Espoir de la saison nouvelle , C'est le présage des beaux jours.
Mais un matin bien éveillée , La couvée heureuse et volant S'en va chanter, sous la feuillée, Les splendeurs du soleil levant.
Il n'a plus besoin de ton aile , Mère , vole à d'autres amours , Car voici la saison nouvelle , Heureux présage des beaux jours.
15 mai 1852.