A EUGÈNE BAILLET
POÈTE-ouvniEn , QUI m'a e.woyii vn petit necuEiL db chansons
J'ai lu ton vers facile ; Assise à l'atelier, Ta muse gaiment file Le chant de l'ouvrier.
Jusques à la dernière J'ai relu tes chansons Si pleines de douces leçons. > Honneur à ta muse ouvrière !
Pour charmer la masure Et les trop longs travaux , Pour chanter la verdure ,
Les fleurs et les oiseaux ; Pour qu'à ta boutonnière, Aux beaux jours de printemps ,
Ne brille que la fleur des champs ,
Garde bien ta muse ouvrière.
Pour qu'un rêve te berce
Dans l'azur d'un beau ciel ,
Pour que l'amour te verse
Un rayon de son miel ;
Pour que, dans ta carrière.
On suive au loin ton vol , Doux émule du rossignol , Garde bien ta muse ouvrière.
Pour égayer la vie , Malgré l'adversité , Braver la tyrannie , Et chanter : Liberté !
Pour porter ta prière Aux pieds du Dieu clément ,
202 LIVRE m.
Qui, de tous, veut l'avènement, Garde bien ta muse ouvrière.
Au malheureux qui prie.
Au faible, à l'orphelin, A l'artiste qui plie Sous un amer destin ; A l'ange de la terre , Qui fait nos jours si doux, A tout ce qui souffre chez nous , Consacre ta muse ouvrière.