‹ Poésies de François RougetChapitre 41 sur 82 · A EUGÈNE BAILLET · texte numérisé non relu

A EUGÈNE BAILLET

POÈTE-ouvniEn , QUI m'a e.woyii vn petit necuEiL db chansons

J'ai lu ton vers facile ; Assise à l'atelier, Ta muse gaiment file Le chant de l'ouvrier.

Jusques à la dernière J'ai relu tes chansons Si pleines de douces leçons. > Honneur à ta muse ouvrière !

Pour charmer la masure Et les trop longs travaux , Pour chanter la verdure ,

Les fleurs et les oiseaux ; Pour qu'à ta boutonnière, Aux beaux jours de printemps ,

Ne brille que la fleur des champs ,

Garde bien ta muse ouvrière.

Pour qu'un rêve te berce

Dans l'azur d'un beau ciel ,

Pour que l'amour te verse

Un rayon de son miel ;

Pour que, dans ta carrière.

On suive au loin ton vol , Doux émule du rossignol , Garde bien ta muse ouvrière.

Pour égayer la vie , Malgré l'adversité , Braver la tyrannie , Et chanter : Liberté !

Pour porter ta prière Aux pieds du Dieu clément ,

202 LIVRE m.

Qui, de tous, veut l'avènement, Garde bien ta muse ouvrière.

Au malheureux qui prie.

Au faible, à l'orphelin, A l'artiste qui plie Sous un amer destin ; A l'ange de la terre , Qui fait nos jours si doux, A tout ce qui souffre chez nous , Consacre ta muse ouvrière.

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