L'HYDRE
Ami lecteur, je suis peu fort, Et sur l'idylle et sur l'églogue , Mais je puis sans beaucoup d'effort, Te présenter un apologue :
Dans je ne sais quelle cité , Où régnait un assez bon prince , Une tempête avait jeté Une hydre, effroi de la province;
Ji
Une hydre à sept têtes, semant En tous lieux la peur, le carnage.
Il fallait donc et promptement Arrêter ce cruel ravage.
Le prince en donne l'ordre. Un vaillant cavalier Aussitôt attaque la bête, Et du coup d'un tranchant d'acier, D'un seul coup lui coupe une tête !
Et puis une autre, une autre encor, Et le monstre n'était pas mort!
Pourtant le cavalier fait rage !
Mais un bourgeois judicieux Faisait cette remarque sage :
Quand il coupe une tête, il en repousse deux! Il aura vraiment trop d'ouvrage!