‹ Poésies de Madame Desbordes-Valmore (volume 2)Chapitre 33 sur 86 · LA PÈLERINE · texte numérisé non relu

LA PÈLERINE

sLBAnn! y OÙ vas-ta si tard ?

Le temps est à l'orage.

Peux-tu confier au hasard

Tes charmes et ton âge? »

« — Ermite , n'ayez point de peur, Du ciel je ne crains plus la fondre :

Que ne peut-il réduire en poudre L'image qui brù4e mon cœur ! »

« — O ma fille ! donne un moment

A l'ami qui t'appelle; Viens calmer ton égarement

A la sainte chapelle. »

a — Ermite^ mon ame est à Dieu; Partout il me suit , il me guide ; Il m'a dit de fuir un perfide :

Je fuis l'Amour^ Eimite , adieu. »

« — Pèlerine , en fuyant TAntour,

Que la pitié t'enchauie :

Un malheureux, depuis un jour.

Pleure ici sur sa chaîne. »

« — Un malheureux! c'est un amant; Mon père , doilnez-lui vos larmes!

Blessée au cœur des mêmes anEues.

Je mourrai du môme tourment.

a — ^- Ma fille, lève au moins lesyeijx,

La pitié ta l'ordoane :

Cet amant n'est plus malheureux ,

Si ton cœur lui pardonne. »

Le coupable alors se montra; L'A-tnour pria pour le parjure ; L'Ermite efiàça son injure , ' Et la pèlerine... pleura.

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