LA PRIÈRE PERDUE
ftrEXFUGASLE cœur, éaigiite de toi-même.
Tyran de ma raison^ de la vertu que j'aime , Ennemi du repos^ amant de la douleur^ Que tu me fais (le mal ^ inexplicable cœur !
Si l'horizon plus clair me permet de sourire^ De mon sort désarmé tu trompes le dessein; Dans ma sécurité tu ne vois qu'un délire ^ D'une vague frayeur tu soulèves mon sein.
i68 ÉLÉGIES.
Si de tes noirs soupçons Tamertume m'oppresse y
Si je veux par la fuite apaiser ton effroi y
Tu demandes du temps ^ quelques jours y rien ne presse;
J'hésite y tu gémis ; je cède malgré moi.
Que je crains, ô mon cœur, ce tyrannique empire!
Que d'ennuis ; que de pleurs il m'a déjà coûte !
Rapelle-toi ce temps de liberté ,
Ce bien perdu dont ma fierté soupire.
Tu me trahis toujours , et tu me fais pitié.
Crois-moi y rends à l'amour un sentiment trop tendre ;
Pour ton repos , si tu voulais m'entendre , Tu n'en aurais encor que trop de la moitié !
Non, dis-tu, non, jamais ! trop faible esclave, écoute. Ecoute! et ma raison te pardonne et t'absout : Rends-lui du moins les pleurs ! Tu vas céder sans doute? Hélas! non! toujours non! O mon cœur! prends donc tout.