‹ Poésies de Madame Desbordes-ValmoreChapitre 108 sur 138 · LE M4L DU PAYS · texte numérisé non relu

LE M4L DU PAYS

Cefronl facile à se rider, ces joues légèreiiiciil creusées, gardaient l'empreinte du sceau dont le malheur marque ses sujets, comme pour leur laisser la consolation de se reconnaître d'un regard fi-aternel, et de s'unir pour lui résister. Honoré de Balzac.

Clémentine adorée, âme céleste et pure, Qui parmi les rigueurs d'une injuste maison Ne perd point l'in'.iocence en perdant la raison.

.\XDnF. CllÉ.NlER.

Je veux aller mourir aux lieux où je suis née : Le tombeau d'Albertine est près de mou berceau. Je veux aller trouver son ombre abandonnée ; Je veux un même lit près du même ruisseau.

Je veux dormir. J'ai soif de sommeil, d'innocence, D'amour, d'un long silence écouté sans effroi, De l'air pur qui soufflait au jour de ma naissance, Doux pour l'enfant du pauvre et pour Tentant du roi.

J'ai soif d'un frais oubli, d'une voix qui pardonne. Qu'on me rende Vlbertino ! elle avait cette voix Qu'un souvenir du ciel à quelques femmes donne; Elle a béni mon nom... autre part... autrefois!

Autrefois!... qu'il est loin, le jour de son baptême! Nous entrâmes au inonde un jour qu'il était beau :

oOO PLEURS ILï PAUVRES FLEUUS.

Le sel (jui l'ondoya fut dissous sur moi-même, Et le prêtre pour nous n'alluma (lu'un flambeau.

D'où vient-on quand on frappe aux portes de la terre? Sans clarté dans la vie, où s'adressent nos pas, Inconnus aux mortels qui nous tendent leurs bras, Pleurants, comme effrayés d'un sort involontaire?

Où va-t-on quand, lassé d'un chemin sans bonheur. On tourne vers le ciel un regard chargé d'ombre, Ouand on ferme sur nous l'autre porte, si sombre. Et qu'un ami n'a plus que nos traits dans son cœur?

Ah! quand je descendrai rapide, palpitante, L'invisible sentier qu'on ne remonte pas, lleconnaîtrai-je enfin la seule àme constante (Jui m'aimait imparfaite, et me grondait si bas!

Te verrai-je, Albertine, ombre jeune et craintive? Jeune, tu t'envolas peureuse des autans : Dénouant pour mourir ta robe de printemps, Tu dis : « Semez ces (leurs sur ma cendre captive. »

Oui! je reconnaîtrai tes traits pâles, charmants! Miroir de la pitié qui marchait sur tes traces, Oui pleurait dans ta voix, angélisait tes grâces, El qui s'enveloppait dans tes doux vêtements!

Oui, lu ne m'es qu'absente, et la mort n'est qu'un voik Albertine! et tu sais l'autre vie avant moi. Un soir, j'ai vu ton àme aux feux blaucs d une étoile. Elle a baisé mon front, et j'ai dit : C'est donc toi!

PLEUns ET P.VUVUES Fi-Eins. r.di

Viens ciuor, viens! j'ai tant de cliosi's à le dire! Ce (ju'on l'a fait souiTrir, je le sais! j'ai soulTert. 0 ma plus que sœur! viens : ce que je n'ose écrii'o, Viens le voir palpiter dans mort cœur entr'ouvcrt !

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