‹ Poésies de Madame Desbordes-ValmoreChapitre 13 sur 138 · LA FONTAINE · texte numérisé non relu

LA FONTAINE

Et moi, je n'aime plus la fontaine d'eau vive, Dont la molle fraîcheur m'attirait vers le soir, VA, comme l'autre été, dormeuse, sur sa rive Je ne vais plus m'asseoir.

Dans les saules émus passe-t-elle affaiblie, Je fuis vers le sentier qui ramène au hameau. Sans oser regarder si du plus jeune ormeau Elle baigne l'écorce et le nom que j'oublie ! Oue son cristal mouvant épure les zéphirs, (Jue la fleur soit contente en s'y voyant éclore, Ou'un front riant s'admire en son eau qu'il colore, L'eau ne roulera plus au bruit de mes soupirs.

Je l'aimais l'autre été, j'aimais tout ! Simple et tendre. Je croyais tout sincère à l'égal de nion cœur: Eh bien! comme une voix que j'y venais entendre, A présent tout me semble infidèle et nKKpieur.

Cette murmurante fontaine.

Appelant un secret qu'elle ne comprend pas. Semblait me demander ma peine.

Et son charme égarait mes pas.

5() IDYLLES

Kilo est douce à l'oreille : oh! c'est qu'elle est flatteuse. Une image nouvelle y glisse tous les jours. Kllc pnrie... elle est libre... hélas! elle est heureuse; iMais libre, elle est ingrate et s'échappe toujours.

Et moi, je n'aime plus la fontaine d'eau vive, Dont la molle Iraîcheur m'attirait vers le soir : Et, comme l'autre été, rêveuse, sur sa rive Je ne vais plus m'asseoir.

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