NOTICE. XI
chambge, née tout exprès, y trouva ses airs los plus agréables, les plus liiers au cœur et les mieux assortis. Au reste, comme pour tous les succès un peu populaires en ce genre, les choses ont vécu plus que les noms. Ces délicieuses romances. Douce chimère, et Vous souvient-il de cette jeune amie? qui révcilleni, pour la génération d'alors, los plus frais parfums de jeunesse et font naître une larme on ressouvenir des printemps, sont encore sues de bien des mémoires fidèles : on a oublié qu'on les doit à madame Valmore.
Depuis un certain moment, cette âme, ce talent de tendi'e poëte a eu peine évidemment à se faire aux saisons décroissantes d'une vie qui va flétrissant chaque jour ses premières promesses. Habituée qu'elle était à donner à ses sentiments une forme unique, elle s'est senti plus d'une fois le cœur aveuvé; elle s'est demandé, elle a demandé aux objets muets si c'était bien la loi fatale et dernière; ainsi, hier encore, en regardant une horloge arrêtée :
Horluge, d'où s'élançait l'heure, Vibrante en passant dans l'or pur, Comme un oiseau qui chante ou pleure Dans un ai'bre où son nid est sûr, Ton haleine égale et sonore Sous le froid cadran ne bat plus :
Tout s'éteint-il comme l'aurore Des beaux jours qu'à ton front j'ai lus?
Son champ d'inspirations s'est étendu, et son aile palpitante a lâché d'y suffire. L'avenir du monde la sotdfrance de ses semblables, les grandeurs d<' la uaturt",
XII MOTICE.
l'ont préoccupée. Dans un de ses essors vers riiiliiii de riioiizoïi, l'Ile est allée jusqu'à s'écrier :
Clianiu; dos lili'-s inoiivanls! fleurs des grandes luuiriesl ! Tuiiiullc liarnionieiix ('leTc tles champs verls ! Itniit des nids! flots courants ! chantantes rêveries! N'êlcs-vyus qu'une voix parcourant l'univers?...
Ne pressez pas trop le sens : ce sont là de ces vers d'elle, pénétrants et vagues, qui vous poursuivent d'une longue rêverie. Jeune, à vingt ans, les cheveux au vent, le front au ciel, le bâton d'Obermann ou d'Aliasvérus à la main, on ferait le tour du monde en les récitant.
Mais elle est niére, mère heureuse : de là surlout des sources consolantes et renouvelées. Ses derniers vers nous arrivent toujours remplis d'accents de sollicitude et d'espérance pour sa jeune couvée. Déjà même, du bord de ce doux nid, gloire et douceur maternelle! une jeune voix bien sonore lui répond. Je voudrais dire, mais je ne me crois pas le droit d'en indiquer davantage. Je rappellerai seulement, en l'altérant un peu, la jolie épigramme antique : « La vierge Erinne était assise, et, tout en remuant le fil de soie et la broderie légère, elle distillait avec murmure quelques gouttes du miel de l'abeille d'Uybla. » l'uisse l'avenir tenir du moins les récentes promesses envers celle qui les a payées assez chèrement! Puisse-t-elle, suivant l'expression d'un poëte aimable, se racquilier en bonheur pour tout le passé !
S.VIiM'E-CEUVt;.
IDYLLES