‹ Poésies de Madame Desbordes-ValmoreChapitre 58 sur 138 · A LA POÉSIE · texte numérisé non relu

A LA POÉSIE

0 douce Poésie!

Couvre de quelques fleurs La triste fantaisie Qui fait couler mes pleurs ; Trompe mon àme tendre Que l'on blessa toujours :

Je ne veux plus attendre Mes plaisirs des amours.

Donne aux vers de ma lyre Une aimable couleur, Ta grâce à mon délire, Ton charme à ma douleur, (jue le nuage sombre, Qui voile mes deslins, S'échappe, comme une ombre, A tes accents divins.

Sois toujours attentive A mes chants douloureux; D'une pudeur craintive Enveloppe mes vaux;

Cache l'erreur brûlante Qui trouble mon bonheur :

Mais, ô Dieu! qu'elle est lente A sortir de mon cœur !

L'ATTEI^ÎTE

Olivier, je t'attends ! déjà l'heure est sonnée ; Je viens de tressaillir comme au bruit de tes pas Le soleil qui s'éteint va clore la journée ; Ici j'attends l'amour, et l'amour ne vient pas.

Le berger lentement regagne sa demeure ; Tout est triste au vallon : Olivier n'est pas là ! De notre rendez-vous lui-même a fixé l'heure. Je n'avais rien promis, et pourtant me voilà.

Adieu, mon Olivier; je m'en vais au village; Pour toi je l'ai quitté ; j'y retourne sans toi. Demain pour t'excuser tu viendras au bocage ; J'y laisse mon bouquet, il parlera pour moi !

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