L'EXILÉ
« Oui, je le sais, voilà des fleurs, Des vallons, des ruisseaux, des prés et des feuillages: Mais une onde plus pure et de plus verts ombrages Enchantent ma pensée, et rne coûtent des pleurs.
« Oui, je le vois, ces frais zéphyrs Caressent en jouant de naïves bergères ; Mais d'un zéphyr plus doux les haleines légère? Attirent loin de moi mon âme et mes soupirs.
« Ah ! je le sens, c'est que mon cœur. Las d'envier ces bois, ces fleurs, cette prairie. Demande, en gémissant, des fleurs à ma patrie : Ici rien n'est à moi, si ce n'est ma douleur. »
Triste exilé, voilà ton sort ; La plainte de l'écho m'a révélé ta peine. Comme un oiseau captif, tu chantes dans ta chaîne ; Comme un oiseau blessé, j'y joins un cri de mort.
GoiUe l'espoir silencieux !
Tu reverras un jour le sol qui te rappelle ; Mais rien ne doit changer ma douleur éternelle : Mon exil est le monde... et mon espoir aux cieux.