‹ Poésies de Madame Desbordes-ValmoreChapitre 62 sur 138 · L'EXILÉ · texte numérisé non relu

L'EXILÉ

« Oui, je le sais, voilà des fleurs, Des vallons, des ruisseaux, des prés et des feuillages: Mais une onde plus pure et de plus verts ombrages Enchantent ma pensée, et rne coûtent des pleurs.

« Oui, je le vois, ces frais zéphyrs Caressent en jouant de naïves bergères ; Mais d'un zéphyr plus doux les haleines légère? Attirent loin de moi mon âme et mes soupirs.

« Ah ! je le sens, c'est que mon cœur. Las d'envier ces bois, ces fleurs, cette prairie. Demande, en gémissant, des fleurs à ma patrie : Ici rien n'est à moi, si ce n'est ma douleur. »

Triste exilé, voilà ton sort ; La plainte de l'écho m'a révélé ta peine. Comme un oiseau captif, tu chantes dans ta chaîne ; Comme un oiseau blessé, j'y joins un cri de mort.

GoiUe l'espoir silencieux !

Tu reverras un jour le sol qui te rappelle ; Mais rien ne doit changer ma douleur éternelle : Mon exil est le monde... et mon espoir aux cieux.

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