‹ Poésies de Madame Desbordes-ValmoreChapitre 81 sur 138 · LE NOM D'OLIVIER · texte numérisé non relu

LE NOM D'OLIVIER

Un étranger vint un jour au bocage ; On célébrait la noce de Julien ; Je crus qu'Amour arrivait au village, Et mon regard s'arrêta sur le sien.

On l'entoura : moi, je restai muette.

Il fit danser l'épouse de Julien.

Le bou([uet blanc tomba du sein d'Annette,

Kt je ti'emblai qu'il ne donnât le sien.

Qu'elle est heureuse, Annette, mon amie ! Pour son époux elle a nommé Julien.

Ouel nom, me dis-je, eml)ellira ma vie, Si l'étranger ne m'apprend pas le sien?

Il m'aborda : Dieu! (pie j'étais craintive ! Il me parla du bonheur de Julien.

En rougissant, je m'éloignai pensive; En in'éloignant, mon cœur chercha le sien.

Il me suivit : je ne pus m'en défendre. Il était tendre et plus beau que Julien. Sa voix tremblait; mais, si j'ai su l'entendre ^'otre hameau sera bientôt le sien !

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