A M. LE MARQUIS DE LA VIEUYILLE
sur-intendant des finances.
Xl est vrai, la VieuviUe ,et quiconque le nie Condamne impudemment le bon goût de mou roi ; Nous devons des autels à la sincère foi Dont ta dextérité nos affaires manie.
Tes soins laborieux , et ton libre génie Qui hors de la raison ne connoît point de loi. Ont mis fin aux malheurs qu'attiroit après soi De nos profusions l'effroyable manie.
Tout ce qu'à tes vertus il reste à désirer .
C'est que les beaux esprits les veuillent honorer,
Et qu'en l'éternité la muse les imprime.
J'en ai bien le dessein dans mon ame formé : Mais je suis généreux, et tiens cette maxime , Qu'il ne faut point aimer quand on n'est jioiut aime.
pom- M. le cardinal de Richeheu, premier ministre d'état.
JrKUPLES,çà de l'encens; peuples, cà des victimes A ce grand cardinal , grand chef-d'œuvre des cieux ,
192 LIYRE IV.
Qui n"a but que la gloire , et n'est ambitieux
( Hie (Je faire mourir l'insolence des crimes!
A ([uoi sont employés tant de soins magnanimes t)à son esprit travaille et fait -veiller ses yeux , (^u'à tromper les complots de nos séditieux, lit soumettre leur rage anx ponvoirs légitimes ?
Le mérite d'un homme ou savant oii guerrier Trouve sa récompense aux chapeaux de laurier Dont la vanité grecque a donné les exemples:
Le sien, je l'ose dire, est si grand et si haut ,
Que, si comme nos dieux il n'a place en nos temples,
Tout ce qu'on lui peut faire est moins qu'il ne lui faut.
sur la mort de son fils.
y) V F. mon fils ait perdu sa dépouille mortelle , (S.e fils qui fut si brave , et que j'aimai si fort , .le ne l'impute point à l'injure du sort , Puisque Unir à l'homme est chose naturelle.
Mais que de deux ma-rauds la surprise infidèle Ait terminé ses jours d'une tragique mort ; Ln cela ma douleur n'a point de réconfort, lit tous mes sentiments soni d'accord avec elle.
<^ mon Dieu , mon Sauveur , puisque , par la raison Le trouble de mon ame étant sans guérisou , Le voeu de la vengeance est un vœu légitime,
SONNETS. i,j3
Fais que de ton appui je sois fortifié; Ta justice t'en prie, et les auteurs du crime Sout iils de ces bourreaux qui l'ont crucifié.
sur la mort d'un gentilbomme qui fut assassiné.
ELLE AIME, aux Iteaux travaux saus repos adonnée, Si parmi tant de {jioire et de contentement llien te fùclie là-bas , c'est l'ennui seulement Qu'un indigne trépas ait clos ta destinée.
Tu penses que d'Ivry la fatale journée , Où ta belle vertu parut si clairement, A.vecque plus d'iionueur et plus heureusement Auroit de tes beaux jours la carrière bornée.
Toutefois , bel esprit , cousole fa douleur ; Il faut par la raison adoucir son mallieur. Et telle qu'elle vient prendre son aventure.
li ne se fit jamais un acte si cruel :
Riais c'est un témoignage à la race future
Qu'on ne t'aaroit su vaincre eu un juste duel.