LIVRE PREMIER
ODE
AU ROI HENRI LE GRAND
sur la réduction de Marseille à l'obéissauce de ce iy)i,S0HS les ordres du duc de Guise, gouverneur de Provence.
I i îî F I N , après tant d'années , Voici riienreuse saison Où nos misères bornées Vont avoir leur guérison.
Les dieux , longs à se résoudre, Ont fait un coup de leur foudre, Qui montre aux ambitieux Que les fureurs de la terre Ne sont que paille et que verre A la colère des cieux.
Peuples , à qui la tempête A fait faire tant de vœux ,
IIVRE I.
Quelles fleurs à cette fêle Couronneront vos clieveux ?
Quelle victime assez, grande Donnerez-vous pour offrande ?
Et qnel Indique séjour Une perle fera naître D'assez de lustre pour ètn; La marque d'un si beau jour?
Ot effroyable colosse, ("la/.a'.ix, l'appui îles mutins , \ mis le |)ied dans la fosse Que lui ca\()ienl les destins.
Il est bas, le jiarrieide :
Un Alcidc, lils d'Alcide, A qni la l'rance a prêté Son invincible génie, À coa[)é sa tyr;inuie D'un glaive dv liberlé.
Les aventures du monde
A'^fjul d'un ordre muinci ,
Comme on voit au bord de l'onde
\]n reflux, perpétuel.
1,'aise et l'ennui de la vie
Ont leur course eulresnivic
Aussi natiir<'llenien(
Que le cbaïul cl la froidure;
Et rien, afin que tout dure.
Ne dure éternellement.
Cliui •''"'' Marseille , volée A son juste possesseur, Avoil langui désolée Aux mains de cet oppre.ssi ur.
Eullu le temps l'a remise
Eu sa première fraucbiie ; Et les maux qu'elle enduroit Ont en ce bien pour éohfiiigp , Qu'elle a vu parmi la fauge Fouler ce qu'elle adoroit.
Déjà tout le peuple more A ce miracle eutendu ; A l'ua et l'antre Bosphore Le bruit en est répandu :
Toutes les plaines le savent Que l'Inde et l'Euphrate lavent; Et déjà , pâle d'effroi , Memphis se pense captive , Voyant si près de sa rive Un neveu de Godefroi.
FRAGiMENTS
D'UNE ODE AU ROI HENRI LE GRAiND,
sur le même suj-et que la précédente.
^oiT que , de tes lauriers la grandeur poursuivant , D'un cœur où l'ire juste et la gloire commande Tu passes comme un foudre en la terre flamande , D'Espagnols abattus la campagne pavant ;
Soit qu'en sa dernière tête
L'hydre civile t'arrête;
Roi, que je verrai jouir
De l'empire de la terre,
,f LIVRIi I.
Laisse le soin de la guerre , Et pense à te réjouir.
Nombre tous les succès où la fatale main. Sous l'appui du bon droit aux batailles conduite, De tes peuples mutins la malice a détruite l'ar un heur éloigné de tout penser humain. Jamais tu n'as vu journée De si douce destinée ; Non celle oa tu rencontras Sur la Dordogne en désordre L'orgueil à qui tu fis mordre La poussière de Coutraï.
(lazaux, ce grand Titan qui so moquoit des cieux . A vu par le trépas son audace arrêtée ; l'.t sa rage infidèle , aux étoiles montée, p Du plaisir de sa chute a fait rire nos yeux.
Ce dos chargé de pourpre et rayé de clirujuanl» A di'pouillé sa gloire au milieu de l;i lange, l.c.i dieux, qu'il iguoroit , ayant fait cet inchangé Pour venger en un jour ses crimes tle cinq ans. La mer en cette furie A peine a sauvé Dorie ; V.t le funeste remords Que fait la peur des snpplices A laissé tous ses complices Plus morts que s'ils étoicnt morts.
ODE
A I-A REINE MARIE DE MEDICIS
SUR SA DIEN-VERUE EN FRANCE,
présentée à AIx, l'année 1600.
Jr E u p I. E s , qu'on mette sur la tôle
Tout ce que la terre a de fleurs ;
Peuples , que cette belle fête
A jamais tarisse nos pleurs :
Qu'aux deux bouts du monde se voie
Luire le feu de notre joie ;
Et soient dans les coujjes noyés
Les soucis de tous ces orages
Que pour nos rebelles courages
Les dieux nous avoient envoyés.
A ce coup iront en fumée