Tu le connois donc? lui dis -je
« Qui , les Trytons en Tabysme des flotz.
« Dez qu'ont sifflé ses traistres javelotz , 20
« L'aigle empenné languis t au hault des nues ;
« Ard le daulphin soubz des mers incognues ;
« Lion souspire en ses vastes dézerts ;
« Sylphe esperdeu fend le vague des airs ,
« Gnome se meurt au centre de la terre , aS
« Et Salamandre aux sources du tonnerre.
« Voire, dict-on, qu'au mespriz des autels,
« S'abreuve encor des plours des Immortels... »
Et des humains? « m'en direz des nouvelles
« Quand y serez. » Ah ! sagettes cruelles ! 3o
Moult est payé mon curieulx propoz.
Maiz se nous rends délices pour repoz ,
T'excuse , Amour ! Croy qu'ailleurs ton empire
Cessa dez-lors que treuvay mon vainqueur :
Com' reigneroiz sur tout ce qui respire, 35
Quand t'ez blotty tout engtier dans mon cœur?
Ainsy disoye; et cettuy dont l'ymage
Me suyt par-tout, lors ouys , sur mes pas ,
Plus vivement offrant le sien hommage
Au dieutelet qu'eust certes moinz d'appas. 4o
« Le cognoiz donc ? luy fis-je : est-il , ce traistre ;
23a ^oeiiet
Vers 43» J<^ n<^ sais.... je sais quMI
44 tout ce qui est compris.
45 et 46 donc il ne peut aroir père ni mère , puisqu'il n'y en a
pas eu sans lui. •
47 et 4^> (Il ^^ difficile de saisir ou plutôt de deviner le sens de ces deux Ters; peut-être faudroit-il les expliquer ainsi : Enfin dans oc
dieu que nous invoquons aujourdUiui la chose est tout, le nom
n'est que chimère : mais cette explication est un peu forcée. Nous aurions voulu retrancher ces vers, qui déparent ce charmant dialogue).