‹ Poesies de Millevoye Avec une noticeChapitre 106 sur 118 · COMPOSÉ PAR MIU.EVOYE A NEUILLY, HUIT JOURS AYANT SA MORT · texte numérisé non relu

COMPOSÉ PAR MIU.EVOYE A NEUILLY, HUIT JOURS AYANT SA MORT

Dans la solitaire bourgade,

Rêvant à ses maux tristement, Languissait un pauvre malade D’un long mal qui va consumant.

Il disait : « Gens de la chaumière,

Voici l’heure de la prière Et les tintements du beffroi :

Vous qui priez , priez pour moi. »

ROMANCES

Mais quand vous verrez la cascade Se couvrir de sombres rameaux , Vous direz : « Le jeune malade Est délivré de tous ses maux ! »

Lors revenez sur cette rive Chanter la complainte naive;

Et quand tintera le beffroi ,

Vous qui priez, priez pour moi.

Quand à la haine , à l’imposture , J’opposais mes mœurs et le temps, D’une vie honorable et pure Le terme approche , je l’attends.

11 fut court , mou pèlerinage !

Je meurs au printemps de mon âge , Mais du sort je subis la loi :

Vous qui priez , priez pour moi.

Ma compagne , ma seule amie ,

Digne objet d’un constant amour !

Je t’avais consacré ma vie ,

Hélas 1 et je ne vis qu’un jour.

Plaignez-la, gens de la chaumière, Lorsqu'à l’heure de la prière Elle viendra sous le beffroi Vous dire aussi : « Priez pour moi. »

ÉPIGRAMMES

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