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LE SOUVENIR

Près des ombrages où Vincenne Voyait le plus saint de nos rois Dicter ses pacifiques lois Sous les ombrages d’un vieux chêne, Il est un modeste hameau Que j’habitai longtemps près d’elle , Et que cette amante fidèle Abandonna pour le tombeau.

ÉLÉGIES

Salut, verte colline, à mes yeux si connue!

Salut, triste et longue avenue,

Que je traversais à grands pas *

Lorsque de la cité prochaine Je hâtais mon retour, pour recueillir , helasl Les restes précieux d'une vie incertaine Que me disputait le trépas!

Voici la route détournée Où de nos projets d’hyménée Elle aimait à s'entretenir,

Et, déjà du sort condamnée,

Sur les bords du cercueil me parlait d’avenir.

Alors errait sur son visage Un languissant sourire.... et moi,

Voyant son calme avec effroi ,

Avant l’heure d'hymen je pleurais mon veuvage. Mais sur ce vert rocher qui s’élève à l’écart,

Entre le bois et la colline ,

N’ai-je pas entendu la clochette argentine De la chèvre errant au hasard?

J’approche.... O souvenir! c’est elle Qui, mêlant scs secours aux vains secours de l’art, Dans un sein desséché répandait, mais trop tard, Les doux trésors de sa mamelle.

Garde ton lait, chèvre fidèle,

Un jour, hélas! ce jour peut-être n’est pas loin,

De tes bienfaits aussi ma vie aura besoin,

Et tu feras pour moi ce que lu fis pour elle.

Mais la nuit vient: déjà ses voiles étendus Enveloppent les cieux plus sombres,

El mon regard encor cherche à travers les ombres Cette triste demeure, où l’on ne m’attend plus.

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