‹ Poesies de Millevoye Avec une noticeChapitre 81 sur 118 · L’AMOUR VRAI · texte numérisé non relu

L’AMOUR VRAI

« De ma Céline, amant modeste,

Si je n'ai reçu qu’utî aveu,

II vaut à lui seul tout le reste :

Amour sincère exige peu.

J’ai captivé plus «l’une belle ;

Mais mon cœur, ah! croyez-moi bien, Les donnerait toutes pour celle Qui ne m'a jamais donné rien.

h Quoique Céline soit charmante,

Je ne suis heureux qu’à demi ; Quoiqu’elle ait le cœur d’une amante , Je n’ai que les droits d’un ami ;

Mais en vain son âme rebelle Refuse un plus tendre lien :

Je donnerais mes jours pour celle Qui ne m’a jamais donné rien. »

C’est ainsi que sous la ramée Chantait un soir le troubadour;

Non loin de là sa bien-aimée Entendit scs accents d’amour.

Or, il obtint de celle belle Un prix qu’il méritait si bien :

Il eut un doux baiser de celle Dont il n’avait eu jamais rien.

POÉSIES LÉGÈRES

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