CHANT D’AMOCR IMITÉ DC PERSAN
L’air s’est calmé : le bruyant aquilon N’agite plus le palmier des campagnes ,
Et le chasseur , habitant du vallon ,
A regagné le sentier des montagnes.
Viens, ma Zaphné ; sur ce rivage heureux Le doux printemps retrouve son asile ;
Viens, ma Zaphné, sous un ciel plus tranquille, T’asseoir au bord du torrent écumcux.
Sans le donner promet-il le bonheur ,
Ce long baiser dont le feu me dévore?
Le flot rapide entraîne cette fleur...
Fleur de beauté passe plus vile encore.
A couronner mes transports amoureux ,
Tandis, Zaphné, que la pudeur hésite,
L'heure s’enfuit, le temps se précipite Comme les flots du torrent écumeux.
Ange d’amour, ange de volupté,
Pour ton amant ta présence chérie Fait d'un désert un séjour enchanté;
Seul avec toi j’y passerais ma vie.
Fille charmante ! objet de tous mes vœux !
Fais retentir ta voix flexible et tendre :
Qu’elle me plaît! oh ! que j’aime à l’entendre S'unir au bruit du torrent écumeux !
POÉSIES LÉGÈRES
Mais tu souris! tu ne te défends plus!
Ta bouche s’offre au baiser qu’elle implore; Dans un baiser meurt ton dernier refus...
O ma Zaphné! que peux-tu craindre encore?
Hors ces ramiers , comme n^us amoureux, Nous sommes seuls dans toute la nature ;
De tes soupirs le faible et doux murmure Se perd au bruit du torrent écumeux.
DIZAINS ET HUITAINS