‹ Poésies de MillevoyeChapitre 107 sur 119 · COMPOSE PAR MILLEYOYE A. NEUILLY, HUIT JOURS AVANT SA MORT · texte numérisé non relu

COMPOSE PAR MILLEYOYE A. NEUILLY, HUIT JOURS AVANT SA MORT

Dans la solitaire bourgade, Rêvant à ses maux tristement, Languissait un pauvre malade D'un long mal qui va consumant.

Il disait : « Gens de la chaumière , Voici l'heure de la prière Et les tintements du beffroi :

Vous qui priez, priez pour moi. »

Mais quand vous verrez la cascade Se couvrir de sombres rameaux , Vous direz : « Le jeune malade Est délivré de tous ses maux ! »

Lors revenez sur cette rive Chanter la complainte naïve ; Et quand tintera le beffroi , Vous qui priez, priez pour moi.

Quand à la haine , à l'imposture , J'opposais mes mœurs et le temps , D'une vie honorable et pure Le terme approche , je l'attends.

Il fut court, mon pèlerinage !

Je meurs au printemps de mon âge, Mais du sort je subis la loi :

Vous qui priez, priez pour moi.

• Ma compagne, ma seule amie, Digne objet d'un constant amour!

Je t'avais consacré ma vie , Hélas ! et je ne vis qu'un jour.

Plaignez-la, gens de la chaumière, Lorsqu'à l'heure de la prière Elle viendra sous le beffroi Vous dire aussi : « Priez pour moi. »

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