COMPOSE PAR MILLEYOYE A. NEUILLY, HUIT JOURS AVANT SA MORT
Dans la solitaire bourgade, Rêvant à ses maux tristement, Languissait un pauvre malade D'un long mal qui va consumant.
Il disait : « Gens de la chaumière , Voici l'heure de la prière Et les tintements du beffroi :
Vous qui priez, priez pour moi. »
Mais quand vous verrez la cascade Se couvrir de sombres rameaux , Vous direz : « Le jeune malade Est délivré de tous ses maux ! »
Lors revenez sur cette rive Chanter la complainte naïve ; Et quand tintera le beffroi , Vous qui priez, priez pour moi.
Quand à la haine , à l'imposture , J'opposais mes mœurs et le temps , D'une vie honorable et pure Le terme approche , je l'attends.
Il fut court, mon pèlerinage !
Je meurs au printemps de mon âge, Mais du sort je subis la loi :
Vous qui priez, priez pour moi.
• Ma compagne, ma seule amie, Digne objet d'un constant amour!
Je t'avais consacré ma vie , Hélas ! et je ne vis qu'un jour.
Plaignez-la, gens de la chaumière, Lorsqu'à l'heure de la prière Elle viendra sous le beffroi Vous dire aussi : « Priez pour moi. »