‹ Poésies de MillevoyeChapitre 115 sur 119 · LA CIGALE · texte numérisé non relu

LA CIGALE

Quel heureux et brillant destin ,

Cigale aimable , est ton partage !

Sous le dôme d'un vert feuillage

Tu bois les parfums du matin ,

Et ta voix charme le bocage.

Pour toi les trésors des saisons

A l'envi s'empressent d'éclore :

Le laboureur t'aime et t'honore ,

Car tu respectes ses moissons.

Ton aspect réjouit la vue :

11 chasse les sombres autans ;

La messagère du printemps

En tous lieux est la bienvenue.

Chère à Phébus, chère aux >~euf Sœurs,

De leur divine mélodie

Ils t'enseignèrent les douceurs.

Jamais la triste maladie ,

Jamais la vieillesse engourdie

IVoseront approcher de toi ;

Prudente élève de Cybèle,

Dans une jeunesse immortelle

Des ans tu sais braver la loi.

Ton corps léger, noble cigale ,

Semble n'appartenir qu'aux deux :

Que s'en faut-il, fille des dieux ,

Que des dieux tu ne sois l'égale?

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