LA SOIREE
J'entends la cloche de la nuit
Qui vers la cité nous rappelle ;
Le char léger qui nous conduit
Fend les airs : la route s'enfuit,
Le plaisir s'enfuit avec elle.
Des simples charmes du vallon
Aux pompeux ennuis du salon
Il faut passer, ma bien-aimée!
Pour nous vingt flambeaux éclatants
Vont remplacer dans peu d'instants
Le demi-jour de la ramée.
Nous allons, pour de froids discours,
Graves à la fois et frivoles,
Quitter ces entretiens si courts
Et qui renfermeront toujours
Plus de baisers que de paroles.
Mais , en dépit de tes atours ,
Mon souvenir tendre et fidèle
Te reverra cent fois plus belle
Dans la parure des amours.
A cet odorant diadème,
Qui du front de celle que j'aime
Égale à peine la fraîcheur,
Je reconnaîtrai l'humble fleur
Dont j'ornai sa tête chérie
Avant de quitter la prairie
Qui fut témoin de mon bonheur.
Pardonne ; mais sur ton visage