‹ Poésies de MillevoyeChapitre 80 sur 119 · L'AMOUR VRAI · texte numérisé non relu

L'AMOUR VRAI

« De ma Céline , amant modeste , Si je n'ai reçu qu'un aveu, Il vaut à lui seul tout le reste :

Amour sincère exige peu.

J'ai captivé plus d'une belle ; Mais mon cœur, ah ! croyez-moi bien , Les donnerait toutes pour celle Qui ne m'a jamais donné rien.

» Quoique Céline soit charmante , Je ne suis heureux qu'à demi 5 Quoiqu'elle ait le cœur d'une amante , Je n'ai que les droits d'un ami; Mais en vain son âme rebelle Refuse un plus tendre lien :

Je donnerais mes jours pour celle Qui ne m'a jamais donné rien. «

C'est ainsi que sous la ramée Chantait un soir le troubadour; Non loin de là sa bien-aimée Entendit ses accents d'amour.

Or, il obtint de cette belle Un prix qu'il méritait si bien :

Il eut un doux baiser de celle Dont il n'avait eu jamais rien

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