‹ Poésies de MillevoyeChapitre 89 sur 119 · LOISELEUR · texte numérisé non relu

LOISELEUR

Un oiseleur, timide jouvenceau ,

Allait guettant les hôtes du bocage.

Il en vit un perché sur un ormeau ,

Beau , mais trompeur ; séduisant , mais volage :

C'était l'Amour. Il s'enfuit. Quel dommage !

Le jouvenceau va conter sa douleur

Au vieux berger : « Mon enfant , dit le sage ,

Ce bel oiseau n'est qu'oiseau de passage;

Il reviendra , bientôt pour ton malheur !

Et c'est l'oiseau qui prendra l'oiseleur. »

DIZAINS ET HUITATNS. 23 1

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