‹ Poésies de Mme Desbordes-ValmoreChapitre 13 sur 112 · LA FEUILLE VOLÉE · texte numérisé non relu

LA FEUILLE VOLÉE

!^A-t-il écrire à sa maîtresse L'oiseau vainqueur, le moineau franc.

Sur ce larcin que son bec presse, Sur ce lamlteau de vélin blanc ?

Il me l'a pris. J'allais moi-même.

Trempé de pardon et d'espoir, L'envoyer à l'absent que j'aime, Et l'appeler. . . . s'il veut me voir.

Souffle hardi qui viens de naître Parmi les souffles de l'été, Je t'avais ouvert ma fenêtre.

Et tu voles ma pauvreté !

Oiseau, le fragment d'une pa^'f Peut contenir tant de bonheur î Ah! si tu le sais, sois mon page Et ne t'en va pas sans mon coeur.

Ce cœur, souvent, révèle à i)eiue Le trouble enfermé de mon sort; Ma voix ardente est sans haleine^ Mon âme en pleurs est sans essor;

Et tes ailes me fout envie, Quand ta volonté frappe lair.

Ton cri rapide est une vie!

Ton vol, un éloquent éclair!

O flèche amoureuse lancée, Aussi prompte que ton désir.

L'objet de ta fuite empressée.

Dieu ! que tu dois. bien le saisir!

Toi chez qui le printemps allume L'audace et l'élan de l'amour, Remets ce papier sous ma plume Puisqu'il va promettre uu beau jour.

Mais tu t'enfuis, charmante chose, En me regardant de travers ; Car tu hais la cellule close, Toi dont la cjige est l'univers!

IG

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