‹ Poésies de Mme Desbordes-ValmoreChapitre 23 sur 112 · DERNIÈRE ENTREVUE · texte numérisé non relu

DERNIÈRE ENTREVUE

-TTEXDS, nous allons dire adieu

Ce mot seul désarmera Dieu.

Les voilà ces feuilles brûlantes Qu'échangèrent nos mains tremblantes;

Où l'amour répandit par flots 48es cris, ses flammes, ses sanglots.

Délivrons ces âmes confuses, Rendons l'air aux pauvres recluses.

Attends, nous allons dire adieu :

Ce mot seul désarmera Dieu.

Voici celle qui m'a perdue. . . .

Lis! Quand je te l'aurai rendue,

De tant de mal, de tant de bien.

Il ne me restera plus rien.

Brûlons ces tristes fleurs d'orage, Moi, par effroi ; toi, par courage.

Elles survivraient trop d'un jour Au naufnigo d'un tel amour.

Par pitié, sois-nous inflexible !

Pour ce sacrifice impossible,

Il fallait le secours des cieux, Kt les regarder dans tes yeux !

Contre toi le sort n'a plus d'armes ; Oh! ne pleure pas. . . . bois mes larmes!

Lïvc au ciel ton front abattu ; Je t'aime à .iamais : lo sais-tu?

Mais te voilà iiros de la porte. . . . La terre s'en va. ... je suis morte!

Hélas! je n'ai pas dit adieu. . . .

Toi seul es sauvé devant Dieu!

^ij^iERTi, pardonne-moi!

Fierté, je t'ai trahie ! . . .

Une fois dans ma vie, Fierté, j'ai mieux aimé mon pauvre cœur que toi : Tue, ou pardonne-moi!

Sans souci, sans effroi, Comme on est dans l'enfance, J'étais là sans défense ; Rien ne gardait mon cœur, rien ne veillait sur moi

Où doiir f'fai>-tn. toi ?

Fierté, i»ardonne-moi !

Fierté, je t'ai trahie ! . . .

Une fois dans ma vie, Fierté, j'ai mieux aimé mon pauvre cœur que toi : Tue, ou jiardonne-moi !

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