‹ Poésies de Mme Desbordes-ValmoreChapitre 33 sur 112 · CIGALE · texte numérisé non relu

CIGALE

■^^E l'ardente cigale

J'ens le destin, Sa récolte frugale

Fut mon festin.

Mouillant mon seigle à peine

D'un peu de lait, J'ai glané graine h graine

Mon chapelet.

J'ai chanté comme j"aime

Rire et douleurs; L'oiseau des hois lui-même

Chante des pleurs;

Et la sonore flamme,

Symbole errant, Prouve bien que toute âme

Brûle en pleurant

Puisque amour vit de charmes

Et de souci, J'ai donc vécu do larmes,

De joie aussi; A présent, que m'importe!

Faite à souffrir, Devant, pour être morte,

Si peu mourir.

La chanteuse penchée

Cherchait en cor De la moisson fauchée

Quelque épi d'or.

Quand l'autre moissonneuse,

Forte en tous lieux, Emporta la glaneuse

Chanter aux cic-ux.

,-^^MOUR, divin rôdeur, glissant entre les âmes, Sans te voir de mes yeux, je reconnais tes flammes. Inquiets des lueurs qui brûlent dans les airs, Tous les regards errants sont pleins de tes éclairs.

C'est lui! Sauve qui pt-ut! Voici venir les larmes!. Ce n'est pas tout d'aimer, l'amour porte des armes. C'est le roi, c'est le maître, et pour le désarmer, Il faut plaire à l'amour' ce n'est pas tout d'aimer!

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