‹ Poésies de Mme Desbordes-ValmoreChapitre 58 sur 112 · REFUGE · texte numérisé non relu

REFUGE

^L est du moins au-dessus de la terre Un champ d'asile où monte la douleur; J'y vais puiser un peu d'eau salutaire Qui du passé rafraîchit la couleur.

Là seulement ma mère encor vivante Sans me gronder me console et m'endort; O douce nuit, je suis votre servante : Dans votre empire on aime donc encor !

Non, tout n'est pas orage dans l'orage ; Entre ses coups, pour desserrer le cœur, Souffle une brise, invisible courage, Parfum errant de l'éteruelle fleur!

Puis c'est de l'âme une halte fervente, Un cbant qui passe, un enfant qui s'endort. Orage, allez! je suis votre servante :

Sous vos éclairs, Dieu me regarde encor!

Béni soit Dieu puisqu'apr^s la tourmente. Réalisant nos rêves éperdus, Vient des humains l'infatigable amante Pour démêler les fuseaux confondus!

Fidèle mort! si simple, si savante!

Si favorable au souffrant qui s'endort! Me cherchez-vous ? Je suis votre servante : Dans vos bras nus Tâme est plus libre encor!

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